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Gros plan : Jérôme Policand, la passion derrière le succès de AKKA-ASP Gros plan : Jrme Policand, la passion derrire le succs de AKKA-ASP

Gros plan : Jérôme Policand, la passion derrière le succès de AKKA-ASP

Traduction du communiqué SRO Motorsports Group du 17/10/2018 - Blancpain GT Series

 

Gros plan : Jérôme Policand, la passion derrière le succès d’AKKA-ASP

Cette saison, une nouvelle équipe s\'est imposée aux avant-postes de la Blancpain GT Series. AKKA-ASP et ses Mercedes-AMG ont signé des victoires et remporté des titres dans pas moins de trois catégories.

L’équipe de Jérôme Policand a terminé l’année en remportant les plus prestigieux titres, celui du général par équipe et le titre pilotes, à mettre au crédit de l’as italien Raffaele Marciello.

AKKA-ASP a également remporté le championnat pilotes de la Sprint Cup, les deux titres de la Silver Cup et des victoires en course en Am Cup. Dans l’attente de l’appel interjeté par l’équipe Black Falcon, disqualifiée à Barcelone, AKKA-ASP pourrait encore s’adjuger deux titres en Endurance Cup.

C’est l’aboutissement de plusieurs années d’un travail acharné. L’équipe a débuté par la catégorie Pro-Am puis est progressivement devenue candidate aux victoires scratch.

Bien que son accession au sommet des compétitions internationales GT soit relativement récente, l’équipe est engagée au niveau européen et y gagne des courses depuis près de 20 ans. Créée par le pilote Jérôme Policand, sous le nom Auto Sport Promotion (abrégée en ASP), l’écurie française s’est construite autour d’une petite équipe reconnue pour son esprit compétitif et son engagement total en faveur de la cause.
À cet égard, il s’agit d’une équipe inspirée par son fondateur.

 

La vie derrière un volant
La vie de pilote de Jérôme Policand a débuté alors qu’il n’avait que six ans. Son frère aîné était un fan de Jackie Stewart et Jérôme a commencé à suivre la Formule 1 à la télévision. Un peu plus tard, il voyageait à travers l’Europe, sur les Grand-Prix, pour suivre ses héros.
L’histoire devient ensuite assez « classique ». Jérôme débute la compétition par le karting puis rejoint une école de pilotage pour accéder à la monoplace. Il décroche un volant pour rouler en Formule Ford puis continue à gravir les échelons.

« C\'était un très bon système », déclare Policand, reconnaissant le changement de contexte auquel sont confrontés aujourd’hui les jeunes pilotes. « Vous saviez que vous aviez une chance, avec très peu d’argent, d’obtenir un très gros budget et de commencer à rouler.»

Son objectif ultime est la Formule 1 et Jérôme s’en approche, passant de la Formule 3 française à la Formule 3000, puis à la Formule 3000 internationale, la discipline capable de propulser un pilote en Formule 1 à cette époque.
\"Mais on connait l\'histoire… J\'ai passé mon temps à emprunter de l’argent en essayant de trouver des sponsors.\"

Sur sa route, Policand côtoie les meilleurs talents français de sa génération: Eric Helary et Olivier Panis, ses rivaux en F3, tandis que Yvan Muller devient son coéquipier en F3000. Quelques stars internationales se révèlent également durant cette période.
«J’ai eu Schumacher et Hakkinen comme adversaires mais ils étaient sur une autre planète », se souvient-il. \"On pouvait voir que ces gars étaient « spéciaux ».\"
À l’approche de ses 30 ans, Jérôme se tourne vers le sport Proto et le GT international. Il effectue quelques séjours aux États-Unis et en Asie et prend le départ des 24 Heures du Mans à plusieurs reprises. .
Bien qu\'il n\'ait jamais atteint la F1, le Français n\'a « aucun regret. J\'aimais ma vie de pilote de course. »

Mais au fond, il ne l\'a pas complètement laissée derrière lui.
« Parfois, ça me manque, mais seulement pendant l\'hiver. Quand je suis sur la piste et que je dois m\'occuper des pilotes, des mécaniciens et des ingénieurs, cela ne me manque pas. Ce qui manque, c’est l’adrénaline de la course automobile et le sentiment de piloter la voiture. »

« C’est sûr, j’y reviendrai à un moment ou à un autre », confirme-t-il.

 

Du cockpit au muret des stands
Initialement, Jérôme avait créé Auto Sport Promotion pour soutenir sa propre carrière et rapidement il a connu le succès sur la piste. Néanmoins, les récents succès d’AKKA-ASP dans la Blancpain GT Series sont le résultat d’un long processus d’apprentissage.

« Au début, j\'ai construit l\'équipe autour de moi pour rouler sur le Renault Sport Clio V6 Trophy », explique-t-il. Policand a remporté ce titre en 1999 et a décroché un budget pour engager un autre pilote l\'année suivante, ce qui a contribué à modifier son approche.

« Au tout début, je dirigeais l\'équipe comme un pilote. C\'était la mauvaise méthode, même si nous obtenions des résultats.
« Je me suis dit, je vais acheter une remorque, y mettre la voiture, acheter des outils, puis partir rouler. Erreur ! C\'est facile d’acheter des choses, mais pas de les organiser. »

 

Aujourd\'hui, Jérôme considère la gestion des personnels comme l\'une de ses principales responsabilités. Trouver du personnel qui correspond à l’éthique de son équipe est particulièrement important.
« Ils doivent avoir le bon esprit et la bonne motivation », explique-t-il. « Si vous êtes motivé, vous avez effectué 50% du travail.
« La plupart des membres de mon équipe ont commencé dans la structure comme étudiants. Mon ancien ingénieur en chef est aujourd’hui le Team Manager. Mon premier mécanicien est maintenant chef mécanicien. Ce sont tous des gens qui ont travaillé avec moi et qui comprennent l\'esprit de l\'équipe.

« Et ils sont très jeunes », poursuit-il. « La plupart de mes mécaniciens ont entre 20 et 22 ans et les ingénieurs entre 26 et 31 ans. Mon chef mécanicien a 35 ans, mais il est avec moi depuis 15 ans !

« Les jeunes aujourd\'hui travaillent très dur. D\'habitude, les plus âgés disent que les jeunes sont paresseux, mais tout au moins pas ceux qui sont avec moi !
Policand explique que l’équipe AKKA-ASP présente à temps plein est relativement restreinte, 12 personnes seulement, renforcés par des mécaniciens freelance habitués.
Pour une course d’Endurance Cup, 28 personnes font rouler cinq voitures. Pour la Sprint Cup en Hongrie, 20 personnes étaient nécessaires pour cinq voitures. Il y a des exceptions évidentes comme les 24 Heures de Spa, où l’équipe AKKA-ASP se compose de 40 personnes pour exploiter quatre voitures.

Jérôme voit les choses ainsi, estimant que plus important ne veut pas nécessairement dire meilleur.
« Lorsque vous avez trop de monde, communiquer devient un problème », dit-il. « Certains travaillent seuls en ne tenant pas compte de la voiture sœur. Même avec d\'excellentes informations sur le set-up de la voiture, avec trop de personnels, on peut passer à côté. »
Le fait qu\'une équipe de seulement 28 personnes puisse aligner cinq GT3 ultra-compétitives en Endurance Cup est extrêmement impressionnant.

En effet, les directeurs d’équipes en Formule 1 auraient peut-être intérêt à s’inspirer des techniques de Jérôme !

 

AKKA-ASP réussit tout

Cette saison a offert bien plus que ce que Jérôme Policand et son équipe auraient pu espérer. L’aboutissement a été la conquête de plusieurs titres en se construisant une solide réputation de régularité.

 

« Pour être honnête, je ne m\'y attendais pas ! » a déclaré Jérôme. « Mon objectif était de monter sur le podium, car je pensais que nous n\'étions pas encore tout à fait prêts.
« Pour gagner un championnat, il faut avoir une perspective différente », explique-t-il. « Parfois, il faut sacrifier une place pour s’assurer de prendre les points. C’est très difficile car nous sommes tous des battants. Les pilotes sont tous rapides et veulent gagner, mais il y a tellement de voitures en piste qu’il est facile d’écoper d’une pénalité. Il faut toujours être concentré, rester calme et faire le job. Je suis fier de ce que nous avons accompli. »

 

Dans l’ascension d’AKKA ASP, la vitesse de pointe et le style de Marciello sur la Mercedes-AMG N°88 ont été d’une importance capitale. Au fil des ans, Policand a travaillé et a rivalisé avec de nombreux pilotes talentueux, mais il est certain, au vu de son enthousiasme, qu\'il apprécie beaucoup l\'Italien.
« Lello nous a beaucoup aidés en nous donnant confiance », dit-il. « C’est sûr, il est spécial. La course GT est aujourd’hui du meilleur niveau, et je ne la vois pas comme du gâchis, mais ce gars-là aurait dû tenter sa chance en Formule 1. Dès qu’il saute dans la voiture, il est rapide, à chaque fois. »

Le soutien du sponsor titre, AKKA Technologies, a également été un élément clé du récent succès de l’équipe. En effet, cela va bien au-delà que positionner simplement des logos sur les voitures.

« AKKA est une société d\'ingénierie, ce qui explique que nous ayons des contacts avec quelques-uns de ses services pour travailler avec l\'équipe », explique Policand. « L\'année prochaine, je pense que nous aurons un ou peut-être deux ingénieurs à temps plein d\'AKKA avec nous. Pour eux, il ne s’agit pas seulement d’un contrat de sponsoring, ils veulent prouver qu’AKKA peut avoir un réel impact sur l’équipe.
« Nous avons débuté notre collaboration en 2015 et cela se développe. Nous travaillons plus étroitement ensemble côté ingénierie et cela se déroule de mieux en mieux. Il s’agit d’une excellente relation. »

 

Concentration maximale sur la GT3
En tant que pilote, Jérôme rêvait de la Formule 1. Mais, pour son équipe, l’avenir s’envisage clairement du côté du GT. Parmi ses prochains objectifs, rester en tête de la Blancpain GT Series et conquérir les Total 24 Hours of Spa.
« Chaque fois que je vais sur un circuit, je sais que j\'ai une chance de gagner. En Formule 1, la plupart des équipes cherchent à être la meilleure des « autres ». C’est un sentiment étrange. Pour moi, à ce stade, la seule possibilité est le GT3.

« Je dois garder l\'équipe concentrée sur l’objectif et gagner à nouveau. C\'est le prochain défi », dit-il.
« Le jour où je perdrai ma motivation, je suis sûr que j’arrêterai, mais je ne pense pas perdre ma motivation pour la course automobile. C\'est ma vie, alors je ne me vois pas arrêter. »
C’est cette inébranlable passion pour le sport auto qui a rendu AKKA-ASP si incroyable. En effet, l’enfant de six ans, assis avec son frère aîné en train de regarder Jackie Stewart, résonne dans l’enthousiasme de Jérôme Policand.

 

Cela touche la totalité de son équipe. Après avoir remporté le titre, Marciello a expliqué à quel point il était heureux de travailler avec un vrai compétiteur comme Jérôme. Ce faisant, le champion a résumé le sentiment qui se ressent dans toute l’équipe AKKA-ASP.
Comme le dit Jérôme: « Si vous avez la motivation, vous avez effectué 50% du travail. » Mais compte tenu de sa passion pour le sport auto, on a l’impression que pour lui il ne s’agit pas du tout d’un travail.